Dans son roman Lettre à mon dictateur, l’écrivain vaudois d’origine roumaine Eugène s’adresse directement à Nicolas Ceaușescu, qui fut dictateur de la Roumanie pendant vingt-deux ans et dont le règne tyrannique a bouleversé sa vie et celle de ses parents. À travers cette missive, il décrit avec sincérité et humour son enfance, son parcours migratoire et son arrivée en Suisse en 1975, à l’âge de 6 ans. Il raconte, à hauteur d’enfant, ce drôle de pays dans lequel, lui, son frère et ses parents vont désormais vivre.
Il décrit surtout la trajectoire d’un peuple soumis à la dictature et comment celle-ci s’est imposée à travers un homme bouffi d’orgueil. En mettant en évidence le ridicule de Ceaușescu, il crée subtilement un parallèle avec des figures politiques d'aujourd'hui et rappelle que l'impensable peut à tout moment devenir réalité, que la liberté est un combat qui n'est jamais entièrement gagné.
Dans cette mise en jeu, l’auteur devient acteur et, se révélant un imitateur féroce, nous permet de vivre le texte à travers ses souvenirs. Il rend compte de l’ampleur et de l’absurdité du désastre vécu par le peuple roumain, l’importance de l’asile politique et la fragilité des droits humains.
« Chez un dictateur, la « chambre des vérités embarrassantes » est vide, puisque celui-ci ose tout et se donne tous les droits. » - Eugène
Texte et interprétation : Eugène Meiltz
Mise en scène : Christian Denisart
Collaboration artistique : Loredana von Allmen
Le roman Lettre à mon dictateur a reçu le Prix suisse de Littérature 2023, le Prix des librairies Payot et de la Fondation Bataillard ainsi que le Prix du Roman des Romands 2024.